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Revue de presse en provenance de l'Égypte.
 

Le gouvernement Ă©gyptien se raidit face aux manifestants
Au lendemain d´une "journée de colère" sans précédent dans les grandes villes du pays contre le régime du président Hosni Moubarak, les autorités égyptiennes se sont raidies en interdisant toute nouvelle manifestation et en tentant de les tuer dans l´oeuf.

Mais des milliers de protestataires ont quand même réussi à se masser mercredi devant le palais de justice du Caire, scandant "le peuple veut la chute du régime", rapportent des témoins. Des heurts ont de plus été signalés entre des centaines de protestataires et la police devant le siège du syndicat des journalistes
Les cyber-activistes à l´origine des manifestations de mardi via internet avaient appelé les Egyptiens à descendre de nouveau dans les rues mercredi pour réclamer le départ du "raïs" de 82 ans, arrivé au pouvoir il a 30 ans après l´assassinat d´Anouar Sadate, artisan de la paix avec Israël.
 
Aux premières heures de mercredi, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour évacuer les derniers protestataires de la grande place Tahrir, dans le centre du Caire, après 24 heures de manifestations qui ont fait quatre morts - un policier tué par une pierre dans la capitale, et trois manifestants à Suez.
 
A l´aube, le calme régnait au Caire et dans la plupart des autres grandes villes. Mais, à Suez, des heurts ont ensuite eu lieu devant la morgue entre policiers et des centaines de personnes réclamant les corps des trois manifestants tués la veille.
 
Dans la capitale, où les policiers étaient déployés en force, les premières tentatives d´attroupement ont été vite dispersées, avant le regroupement de plusieurs milliers d´opposants devant le palais de justice, qui avait déjà été la veille un point de rassemblement.
 
UN "GOUVERNEMENT STABLE" POUR LES USA
 
Le journal indépendant Al Masri al Youm titre mercredi en gros caractères rouges: "Avertissement."
 
On estime que quelque 20.000 personnes, s´inspirant visiblement de la révolution populaire qui a chassé le 14 janvier le président tunisien Zine ben Ali, sont descendues mardi dans les rues pour réclamer le départ de Moubarak et protester pêle-mêle contre la pauvreté, le chômage, la corruption et la répression.
 
Sur sa page Facebook, un groupe d´opposition, la Jeunesse du 6 avril, prône la poursuite quotidienne des manifestations de rue "jusqu´à ce que Moubarak parte". Egalement sur ce site social, vecteur privilégié des consignes de manifestation, un activiste a appelé à une grève générale mercredi et jeudi à travers le pays.
 
Les revendications politiques des cyber-opposants formulées sur Facebook ont été distribuées par voie de tracts et diffusées par mégaphone mardi soir place Tahrir et alentour avant que la police ne se déploie pour faire évacuer la place.
 
A l´image de celles des opposants tunisiens, elles incluent, outre le départ de Moubarak, celui du premier ministre Ahmed Nazif, la dissolution du parlement et la formation d´un gouvernement d´union nationale.
 
Soixante pour cent des 80 millions d´Egyptiens et 90% des chômeurs sont âgés de moins de 30 ans. Quarante pour cent de la population gagne moins de deux dollars par jour et un tiers est illettrée.
 
"LIBERTÉ D´EXPRESSION ET CHAOS"
 
"Notre évaluation, c´est que le gouvernement égyptien est stable et cherche les moyens de répondre aux besoins et intérêts légitimes du peuple égyptien", a déclaré mardi la secrétaire d´Etat américaine Hillary Clinton, en appelant "toutes les parties" à la retenue.
 
Son homologue française, Michelle Alliot-Marie, a rappelé de son côté que la France observait le principe de non-ingérence mais souhaitait "toujours plus de démocratie et de liberté dans tous les Etats". Jugeant la situation en Egypte différente de celle de la Tunisie, elle a estimé "beaucoup trop tôt" pour savoir si le régime Moubarak était menacé.
 
Appelant comme Clinton toutes les parties à la retenue, le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, a invité l´Egypte à respecter "les droits fondamentaux de l´homme, les droits civiques, la libération d´opinion et de réunion et la liberté de la presse".
 
"La différence est immense entre la liberté d´expression et le chaos", lui a rétorqué par avance Safouat el Chérif, le secrétaire général du Parti national démocrate (PND) de Moubarak, dans les colonnes du journal gouvernemental Al Akhbar.
 
Pour sa part, le ministère égyptien de l´Intérieur a imputé aux Frères musulmans la responsabilité des violences de mardi, bien que le mouvement fondamentaliste n´ait joué qu´un rôle mineur dans la mobilisation, au plus grand regret d´ailleurs de ses militants les plus jeunes.
 
Le prince Turki al Fayçal, ancien chef des services de renseignement saoudiens et ex-ambassadeur de son pays à Londres et Washington, estime que l´avenir du régime de Moubarak dépend de sa capacité à comprendre les raisons de la révolte de mardi.
 
"Il reste à voir si ses dirigeants seront capables de se mettre au diapason de ce que la population réclame", a-t-il confié à Reuters Télévision.
(Source REUTER)

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