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Revue de presse en provenance de l'Égypte.
 

Le Nil : la guerre de l´eau aura-t-elle lieu

La suprématie égyptienne sur les eaux du Nil ne coule plus de source. Le Caire vient en effet de rejeter un accord visant au partage équitable des eaux du fleuve signé en son absence le 14 mai à Entebbe en Ouganda, entre 4 pays, l’Ethiopie, l’Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie. L’Égypte « se réserve le droit de prendre toutes les mesures », a déclaré le ministre de l’Eau, Mohammed Allam. « Les accords sur le partage des eaux du Nil sont sacrés et ne peuvent être remis en question car ils relèvent du principe de l’intangibilité des frontières », a renchérit le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Hossam Zaki, se référant à des traités antérieurs octroyant 87 % du débit du Nil à son pays et au Soudan. Un accord de 1959 attribue en effet 55 milliards de mètres cube d’eau par an à l’Egypte qui tire 90% de ses ressources hydrauliques du Nil.

« L’eau du Nil appartient à tous les pays »

Pour les quatre pays signataires du traité d’Entebbe, une telle prééminence n’est plus acceptable. Leur accord met en place une commission basée à Addis Abeba, la capitale éthiopienne. Celle-ci aura pour fonction la gestion des projets d’irrigations, barrages et canaux s’établissant sur le Nil. Elle aura le droit de veto sur toute infrastructure dont l’activité concerne les eaux du fleuve. Mieux, elle présidera à un partage plus juste des eaux du fleuve, même si aucun nouveau chiffre, en volume ou mètres cubes n’a été avancé. Les quatre pays croient avoir obtenu par leur accord, la principale condition à la réalisation de certains de leurs projets de développement. L’Éthiopie par exemple souhaite ériger de nouveaux barrages, pour devenir le premier exportateur d’électricité dans la région. « L’eau du Nil appartient à tous les pays, pas à un petit nombre », a déclaré le ministre éthiopien des ressources hydrauliques, Asfaw Dingamo. Le Kenya devrait prochainement prendre part au traité.

Au Caire, l’entente des quatre pays passe d’autant plus mal que ceux-ci ont désormais les moyens de réaliser leurs projets. En effet, si par le passé l’Égypte pouvait se rassurer en considérant la difficulté des États à trouver les fonds nécessaires pour transformer le bassin du Nil, cette époque semble révolue. De nouvelles puissantes émergentes comme la Chine, déjà fortement implantée dans la région, n’hésiteraient pas à investir dans des projets de grande envergure.

Dans son combat, l’Égypte pourrait compter sur le Soudan, l’autre pays privilégié dans les anciens accords de partage du Nil.


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