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Revue de presse en provenance de l'Égypte.
 

Mauvais temps pour les héros de la révolution égyptienne
Depuis le 7 mars, douze personnages emblematiques de la révolution égyptienne, dont l´écrivain Alaa al-Aswany et le cybermilitant Wael Ghonim, sont accusés de "nuire à l´image" des militaires au pouvoir et d´"inciter à renverser l´Etat". Le Parquet militaire, saisi du dossier, devra juger si la plainte est recevable après avoir interrogé les plaignants et examiné les documents qui y sont joints.  
 
Les accusés ont joué, pour la plupart, un rôle majeur au sein du mouvement de contestation ayant entrainé la chute d´Hosni Moubarak, le 11 février 2011. Wael Ghonim, ancien cadre de Google âgé de 31 ans, s´est illustré en créant une page Facebook, "We are all Khaled Said" ("Nous sommes tous Khaled Saïd"), en hommage au jeune homme battu à mort en pleine rue par la police à Alexandrie, le 6 juin 2010. C´est sur cette même page Facebook qu´a été lancé le premier appel à la manifestation, le 25 janvier 2011, rassemblant 25 000 personnes Place Tahrir, au Caire.  
 
 
Cette plainte intervient dans un climat de méfiance accrue vis-à-vis du Conseil suprême des forces armées (CSFA), censé assurer la transition démocratique jusqu´à l´élection présidentielle prévue en mai-juin. Les militaires sont cependant accusés de réprimer la liberté d´expression par les militants pro-démocratie.  
 
Le célèbre auteur Alaa al-Aswany accusait également le CSFA d´avoir maintenu en place des dirigeants de l´ère Hosni Moubarak et d´avoir favorisé la victoire des Frères musulmans aux élections législatives en fermant les yeux sur "toutes sortes d´irrégularités". Avant de conclure: "nous découvrons que nous avons remplacé un pouvoir dictatorial par un autre".   
 
Dans un entretien accordé à L´Express en novembre 2011, Alaa al-Aswany affirmait que l´armée avait dressé une liste des figures de la révolution: "Le plan A est de les tuer. Le plan B, de salir leur image avec des scandales" déclarait l´écrivain. Avant de révéler que son nom se trouvait en deuxième position sur cette liste, juste derrière celui de Mohamed el Baradei, prix Nobel de la paix en 2005, et candidat à l´élection présidentielle jusqu´à son récent retrait.
 
Les offensives récentes contre les ONG, à l´image du procès en cours contre une quarantaine de membres d´ONG, dont 19 Américains, ont provoqué des tensions avec les Etats-Unis et suscité des questions sur l´orientation de l´Egypte post-Moubarak. Les militants pro-démocratie accusent le maréchal Tantaoui d´empêcher ces ONG d´enquêter sur les crimes de l´armée, et d´étouffer toute contestation à l´intérieur de l´Egypte. De fait, sur 14 personnes, seul un étranger se trouvait dans le box des accusés lors du procès, le 8 mars.
 
Les interrogations sur la composition de la commission constituante, chargée de rédiger une nouvelle Constitution, qui doit être annoncée le 24 mars, demeurent sans réponse. L´armée a d´ores et déjà laissé entendre qu´elle n´abandonnerait pas tous ses privilèges.

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