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Revue de presse en provenance de l'Égypte.
 

30 ans plus tard, l´empreinte de Sœur Emmanuelle

Le décès de Sœur Emmanuelle a secoué les populations qu’elle a aidées. Au Centre Salam du Caire, ses compagnons de la première heure se rappellent.

 

Ruelle d´Ezbet El-Nakhl (Photo: Pauline Beugnies) 

"Sœur Emmanuelle est au paradis, c’est sûr", confie Adel Abd El-Malek Ghali, 60 ans, plus connu sous le pseudonyme affectueux de "Docteur Adel". Le décès de la "petite sœur des chiffonniers", à 99 ans, a endeuillé les nombreuses antennes d’Asmae (Association Sœur Emmanuelle) à travers le monde. Voilà 37 ans que la religieuse a commencé à lutter pour améliorer l’éducation et les conditions de vie des plus démunis. Au Centre Salam, le premier fondé par elle, au nord au Caire, on se souvient avec émotion de son arrivée.

Débarquant seule au milieu du bidonville de Ezbet El-Nakhl en charrette, Sœur Emmanuelle s’est installée en 1971 au milieu de 8000 zabbalin (éboueurs officieux du Caire). Aménageant des cabanes en salles de classe et en dispensaires, son action quotidienne gagne en célébrité et en résultats. En 1980, Madame Sadate inaugure un complexe éducatif et sanitaire. Puis c’est au tour du quartier du Moqattam d’être visité par la religieuse. Le docteur Adel, s’émerveille encore : "il aurait fallu trois siècles à n’importe qui pour assainir ce quartier. Elle, elle en a fait les Champs-élysées des bidonvilles en vingt ans."

Soeur Emmanuelle n’hésite jamais à porter sa colère en haut lieu. Tout en s’appuyant financièrement sur les communautés locales d’expatriés, elle médiatise son action à travers le monde. Excessive ? "Il faut ce qu’il faut", répond Hélène Sibril, responsable des Amis d’Ezbet El-Nakhr. Pour elle, "rien n’aurait été possible sans l’insoumission".

Les positions défendues par Sœur Emmanuelle, en faveur de la contraception notamment, dérangeaient. La supérieure de l’ordre Notre-Dame de Sion se serait empressée de la mettre en retraite en 1993, dans le Var. Retraite bien occupée cependant, puisque jusqu’en 2007, la religieuse ne recevait que sur rendez-vous, entre deux réunions.

Désormais, il faudra faire sans son soutien charismatique. A Ezbet El-Nakhl, on ne baisse pas les bras. Si les chiffonniers d’aujourd’hui ont parfois oublié qui elle était, les parents et les anciens racontent son histoire. Et le Centre Salam est plus fondé sur une espérance que sur un personnage. Une même foi pour tous, comme en témoigne l’hommage rendu cette semaine Sœur Emmanuelle par les bénévoles musulmans, coptes et catholiques. "L’amour n’a ni rationalité, ni religion", résume Hélène.

Salle de classe à Ezbet El-Nakhl (Photo: Pauline Beugnies)

Photos: Pauline Beugnies (Source Alif)


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